La capacité du territoire à capter le carbone

#1
La Communauté a demandé à un cabinet expert (B&L Evolution) de réaliser un diagnostic de notre territoire, au regard du changement climatique. En quelques graphiques et de façon synthétique : voici ce qui ressort de ce diagnostic, sur la capacité du territoire à stocker le carbone


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A vous de nous dire si cela vous paraît pertinent ; et notamment quels enjeux vous paraissent primordiaux…

Materiaux biosourcés

#2
Je trouve très intéressant l'utilisation des matériaux biosourcés. Les constructions bois et autres se développent d'ailleurs de plus en plus. Le hic, c'est que les matériaux utilisés viennent souvent de très loin. Il me semble y avoir une filière locale à développer.

Re: La capacité du territoire à capter le carbone

#3
Concernant les zones agricoles et la réimplantation de haies (cf dossier agriculture et consommation notamment), je vous conseille de lire "L'arbre et la haie : pour la production agricole, pour l'équilibre écologique et le cadre de vie rurale" de Dominique Soltner. Réimplanter des haies dans les zones de cultures semblent être une idée à retenir car elles ont un impact sur différents plans (agriculture, élevage, vents, eau, érosion des sols, biodiversité, captage du carbone, etc...)

Re: La capacité du territoire à capter le carbone

#4
Le stockage de carbone dans le sol des cultures me semble un peu survolé. Comment sont obtenus les chiffres avancés ?
En effet plusieurs études montrent que l'agriculture conventionnelle a en moyenne tendance à réduire le taux de carbone dans les sols (sauf en agriculture de conservation mais cela reste minoritaire en France). Ce qui est en moyenne l'inverse pour l'agriculture biologique qui a tendance à stocker du carbone.
Ce point mérite d'être creusé car c'est l'idée du programme 4 pour 1000 qui a été lancé par Stéphane Lefoll, et dont on n'entend plus trop parlé (semble-t-il) alors que son pouvoir de capture de carbone était très important.

Merci pour vos retours.

Arnaud

Re: La capacité du territoire à capter le carbone

#5
Bonjour Monsieur,

Dans l'état des connaissances actuelles, il est encore compliqué de quantifier exactement l’absorption de carbone dans les sols. Nous avons utilisé l'outil ALDO de l'ADEME qui reprend des facteurs de séquestration annuelle (flux) et de stock de carbone de diverses sources (détaillées à la fin de ce message).
Vous pouvez trouver de la documentation sur ce sujet dans l’étude de l’ADEME "Comprendre la place du carbone dans les sols" : https://www.ademe.fr/carbone-organique- ... ion-climat.

Comme vous le soulignez, le stock de carbone dans les cultures peut être favorisé par des bonnes pratiques particulières (reliées aux techniques d'agriculture de conservation des sols), il y a des détails pages 18 et 19 de ce document. Le non labour en particulier permet d'augmenter le stock de carbone dans les sols. Sur l'agriculture biologique, les avis ne sont pas tranchés car elle peut être faite de manière industrielle ou bien de manière conservatrice pour les sols.
Du fait du manque de données sur les bonnes pratiques actuelles dans les cultures du territoire (comme l’enherbement des vignes) nous n'avons pu prendre en compte que la séquestration annuelle dans les forêts du territoire.

Quant au stock de carbone (différent de absorption annuelle car c'est une quantité absolue), sont prises en compte les données suivantes :
• Données stocks de carbone des sols par occupation et zone pédoclimatique ( source : GIS Sol– Données issues du réseau de mesures de la qualité des sols (RMQS). Echantillonnage réalisé entre 2001 et 2011)
• Données de stocks moyens de carbone par ha de la litière (Source : Compte rendu de l’Académie d’Agriculture de France – Vol. 85, n°6, 1999)
• Données de stocks moyens de carbone par ha de la biomasse hors forêts par inter région (Source : IFN/FCBA/SOLAGRO – Biomasse forestière, populicole et bocagère disponible pour l'énergie à l'horizon 2020, Novembre 2009)
• Données de stocks moyens de carbone par ha de la biomasse de la forêt par composition (feuillus, mixtes, conifères, peupleraies) et par Grande Région Ecologique (GRECO) (Source : Etude IGN "puits de CO2 des forêts françaises", volet 1, 2018)

Re: La capacité du territoire à capter le carbone

#7
Une agriculture qui stocke du carbone dans le sol :
(sources : https://agriculture.gouv.fr/4-pour-1000 ... les-sols-0 ; https://reporterre.net/Le-paysan-cherch ... es-et-sans ):

L'initiative 4 pour 1000 a été élaborée par des chercheurs de l’Inra à la fin du XXe siècle pour restaurer la fertilité de sols et piéger des gaz à effet de serre. Leur calcul est simple : les sols constituent au niveau mondial le premier stock de carbone biologique – si l’on exclut les océans et les roches sédimentaires. En captant du CO2 de l’air via la photosynthèse, une plante absorbe du carbone. Si cette plante se décompose dans le sol, elle lui restitue son carbone sous forme de matière organique (l’humus). Le sol s’enrichit alors de carbone, et devient plus fertile, plus résilient.
Si l’on augmentait ainsi la matière organique des sols agricoles chaque année de quatre grammes pour mille grammes de carbone présent dans le sol, on serait capable de compenser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre produits par la planète en un an. Les scientifiques s’accordent pour dire que le potentiel de stockage est énorme. Cette approche nécessite un changement des modes de production et de notre rapport à la nature. Pour augmenter le stockage de carbone des sols agricoles, les chercheurs préconisent notamment l’amélioration des techniques de fertilisation, la couverture permanente des sols, l’agroforesterie…
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En agriculture conventionnelle, le semis direct — c’est-à-dire que le sol n’est pas travaillé au préalable — est répandu, les mauvaises herbes étant détruites par du glyphosate. En agriculture biologique, le travail de la terre par le labour pour arracher les plantes indésirables est souvent présenté comme inévitable. Or, les deux systèmes ont leurs inconvénients. En conventionnelle, l’usage des pesticides a des effets nocifs sur la biodiversité et la santé humaine. En biologique, l’érosion et l’épuisement des sols menace la durabilité de l’agriculture, sans compter une plus forte utilisation du tracteur pour effectuer ce désherbage mécanique. Mais certains agriculteurs ont refusé de choisir entre les deux et ont converti leur ferme en agriculture biologique tout en pratiquant le semis direct. Le principe consiste à semer des plantes (souvent appelées « cultures intermédiaires » comme du trèfle, de la phacélie…) qui vont capter le CO2 atmosphérique pour pousser, avant d’être coupées pour constituer un paillage recouvrant le sol qui va se décomposer pour former de l’humus. Puis, on sème les espèces cultivées : du maïs, de l’orge, du soja, du colza, etc. les avantages de cette technique sont innombrables. Elle permet notamment de stocker du carbone dans ses sols grâce aux plantes en décomposition. Si tous les agriculteurs se mettaient à cette technique, nous pourrions stocker tout le carbone émis par les énergies fossiles et stopper le réchauffement.
A nous, consommateurs d’acheter des aliments issus d’une agriculture biologique qui favorise ces techniques de culture. Malheureusement il n’existe pas de label permettant de garantir que les pratiques culturales stockent plus de carbone qu’elles n’en émettent. C’est un argument supplémentaire pour nous inciter à nous alimenter avec des produits locaux et surtout à dialoguer avec nos producteurs pour connaitre leurs pratiques, voir à les inciter à les améliorer…
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